Le Château Joseph Avet vu du ciel

Le Château Joseph Avet

Le Château Joseph Avet

Lorsqu’il nait en août 1811 rien ne destinait Joseph Avet, ainé de six enfants et issu d’une vieille famille de Thônes, à un jour avoir son propre château dans cette ville si chère à son cœur.

Enfant du village il y fit sa scolarité jusqu’au collège avant de continuer ses études à Annecy. En 1831, le hasard lui fit tirer un mauvais numéro qui devait l’amener à effectuer son service militaire. Son père, Jean-François Avet (dit Cadet), simple marchand tanneur sous les arcades, fit alors le choix de lui payer un remplaçant évitant ainsi à son fils sept longues années de service militaire sans espoir de retour au pays, les permissions n’existant pas à l’époque.

Dans les années suivantes, Joseph quitta sa Savoie natale pour rejoindre Paris et y travailler en tant que professeur. Est-ce sa rencontre à Paris avec Hippolyte Pargoud, originaire d’Albertville et ayant fait fortune en Amérique ou le succès de ses oncles en Louisiane qui donnèrent à Joseph l‘envie de traverser l’Atlantique ? Nul ne le sait…  Toujours est-il qu’en 1837 il quitte Paris pour gagner la Nouvelle-Orléans où sa carrière professionnelle va prendre une nouvelle tournure.

Après avoir mis quelque temps ses compétences au service des autres, il se lance à son propre compte dans le commerce des épices ou dans l’épicerie, selon les sources dont nous avons eu connaissance. A force de travail il réussit à gagner une fortune suffisante pour vivre confortablement et réaliser quelques voyages en Europe. Notamment à Thônes, sa ville de cœur.

C’est à l’occasion d’un de ces voyages en 1859 que Joseph présenta à son épouse, Athénaïs LETELLIER, épousée en 1848 en Louisiane, sa ville d’enfance et le château qu’il venait de s’y faire bâtir, dans l’idée d’y passer ses vieux jours. Les époux Avet ne restèrent qu’une seule nuit dans ce château flambant neuf à l’occasion de ce voyage, la seule et unique nuit qu’ils y passèrent.

Le 01 janvier 1860, Joseph Avet écrivit d’Amérique au maire de Thônes pour lui faire part de sa décision de donner son château à la commune.

Son souhait était que ce dernier devienne le nouveau collège de la ville, à la condition qu’il ait la main mise sur les enseignements délivrés. Non pas par souhait de revenir enseigner à Thônes mais en raison de sa volonté de voir la musique, le dessin, les langues et les arts enseignés dans l’établissement. Les désaccords entre Joseph Avet et la commune sur ce sujet, repoussèrent ce projet et le collège ne viens jamais s’installer au Château. Pour autant Joseph Avet n’avait pas renoncé à son projet de donner le château aux habitants de Thônes. Ce fut chose faite en 1863 lorsque l’hospice du village pris possession des lieux.

La générosité de Joseph Avet envers la ville de Thônes et ses habitants ne s’arrêta pas là puisqu’à sa mort il fit don de toutes ses propriétés mobilières et immobilières à l’hospice de Thônes mais aussi de près de 250 000 francs destinés à l’amélioration de ce dernier, à la création d’une école commerciale et aux honoraires d’un médecin et d’un professeur de musique. Pour ramener cette somme à un contexte plus récent, cela équivaudrait aujourd’hui à un don approchant le million d’euros.

Déjà nommé, de son vivant capitaine à titre honorifique des Sapeurs Pompiers puis maire, Joseph Avet fut une nouvelle fois salué par la commune en 1879 lors de l’installation de sa statue sur la place qui devrait ensuite prendre son nom. Dernier hommage de la ville à son bienfaiteur, Joseph Avet est représenté en compagnie d’autres hommes ayant marqué l’histoire de la ville dans une fresque réalisée à la demande de l’Administration des Affaires Culturelles à la veille de la seconde guerre mondiale. Fresque qui se trouve aujourd’hui encore dans la salle des mariages.

L’histoire du château ne s’arrête pas à la mort de Joseph Avet. Tour à tour hospice, hôpital pour les pauvres, orphelinat, maternité puis EHPAD, le château as eu de multiples vies avant que les contraintes liées à la modernisation médicale n’entraînent son abandon à la fin des années 1990.

Au cours des 30 dernières années différents projets ont été évoqués : lieu culturel, école de musique, logements, … Malheureusement, devant l’ampleur des travaux et la complexité que représente la préservation d’un bâti ancien, aucun de ces projets n’as pu voir le jour.

<- Fresque dans la Salle des Mariages de la Mairie De Thônes.
Joseph Avet est représenté au centre de l’image

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Cela fait donc 25 ans que ce silencieux et endormi château contemple la ville qui s’agite à ses pieds. Cela aurait pu continuer bien longtemps sans l’intervention de Sébastien Montémont et la création de l’association CASTEL